Que faire à la Nouvelle-Athènes et à SoPi (9e) : Vie romantique, grands magasins

Le 9e se lit du sud au nord comme un dégradé. D’abord les grands magasins du boulevard Haussmann et leurs coupoles, puis les passages couverts et les salles des ventes, puis la Nouvelle-Athènes, ce quartier que les peintres et les musiciens du 19e siècle avaient colonisé, et enfin SoPi, le sud de Pigalle, ses bars à cocktails et ses néons. J’y emmène toujours les amis qui pensent connaître Paris : c’est l’arrondissement des surprises derrière les portes cochères. Cinq lieux pour s’en convaincre.

Cinq lieux pour changer d’avis sur le 9e

Le musée de la Vie romantique, la maison au fond de l’allée

Façade et cour pavée du musée de la Vie romantique, hôtel Scheffer-Renan, Paris 9e
© Jean-Baptiste Gurliat / Ville de Paris

Au fond d’une allée pavée de la rue Chaptal, l’hôtel Scheffer-Renan a gardé son décor de 1830 : l’atelier du peintre Ary Scheffer, les souvenirs de George Sand, une cour où l’on n’entend plus la ville. Les collections permanentes sont gratuites, comme dans les autres musées de la Ville de Paris, et le salon de thé installé dans la serre du jardin est un des coins les plus paisibles de la rive droite. Petite jauge, grand charme : évitez le samedi après-midi.

Adresse : 16, rue Chaptal, Paris 9e.

Le square d’Anvers – Jean-Claude Carrière, le balcon de Montmartre

Allées et kiosque du square d'Anvers - Jean-Claude Carrière, avenue Trudaine
© Sonia Yassa / Ville de Paris

Le square au pied de la butte, avec le Sacré-Cœur qui dépasse des toits côté avenue Trudaine. C’est ma pause stratégique avant ou après l’ascension : kiosque à musique, bancs ombragés, aire de jeux qui sauve les fins de journée avec des enfants. Le quartier autour, entre Anvers et Trudaine, s’est rempli de cafés et de boulangeries sérieuses. Il y a foule les week-ends de beau temps, comme partout à l’approche de Montmartre.

Adresse : 10 bis, avenue Trudaine, Paris 9e.

Le marché Anvers, le marché de fin de journée

Étals de fruits et légumes d'un marché parisien, comme au marché Anvers
© Ville de Paris

Une rareté parisienne : un marché qui se tient l’après-midi, le vendredi, quand la plupart des autres plient à midi. On y passe en sortant du travail ou en redescendant de la butte, pour des produits de petits producteurs plutôt que de la revente. L’ambiance est celle d’un marché de quartier qui connaît ses clients par leur panier. Les horaires exacts bougent selon la saison, vérifiez avant de faire le détour.

Adresse : Place d’Anvers, Paris 9e.

La Grande Synagogue de la Victoire

Façade de la Grande Synagogue de la Victoire, rue de la Victoire, Paris 9e
© Grande synagogue de Paris / Ville de Paris

Construite en 1874, la synagogue de la Victoire est l’un des plus vastes édifices religieux du 19e siècle parisien, avec une nef qui n’a rien à envier aux grandes églises voisines. C’est un lieu de culte en activité : la visite ne s’improvise pas, il faut prendre contact en amont, et les offices ne sont pas ouverts au tourisme. Même depuis le trottoir de la rue de la Victoire, la façade donne la mesure du bâtiment et de l’histoire du quartier.

Adresse : 44, rue de la Victoire, Paris 9e.

L’église Saint-Eugène-Sainte-Cécile, la nef métallique

Intérieur polychrome de l'église Saint-Eugène-Sainte-Cécile et ses colonnes métalliques
© Matthieu Samadet / Ville de Paris

De l’extérieur, une église néogothique discrète près du Conservatoire. À l’intérieur, une surprise totale : une structure entièrement métallique, colonnes de fonte comprises, montée en 1855, parmi les toutes premières du genre, et une polychromie bleu, rouge et or qui évoque davantage la Sainte-Chapelle qu’une paroisse de quartier. Les mélomanes la connaissent pour ses concerts. C’est une des visites les plus étonnantes du 9e, et il n’y a jamais personne.

Adresse : 4, rue du Conservatoire, Paris 9e.

Et aussi, dans le 9e

  • Square Montholon (2, rue Mayran) : grilles Second Empire et platanes plus que centenaires.
  • Jardin Cromot du Bourg – Cour Cadet (9, rue Cadet) : une cour d’hôtel particulier transformée en jardin de poche.
  • Notre-Dame-de-Lorette (18 bis, rue de Châteaudun) : l’église néoclassique qui a donné leur surnom aux « lorettes » du 19e siècle.
  • Église de la Sainte-Trinité (place d’Estienne-d’Orves) : Olivier Messiaen y a tenu l’orgue pendant six décennies.
  • Piscine Georges-Drigny (18, rue Bochart-de-Saron) : la piscine de quartier à deux pas d’Anvers.

Y aller, et par où continuer

La ligne 12 traverse le 9e du sud au nord (Notre-Dame-de-Lorette, Saint-Georges, Pigalle), la ligne 2 dessert Anvers pour le haut de l’arrondissement, et Chaussée d’Antin – La Fayette (lignes 7 et 9) débouche sur les grands magasins. Le RER A s’arrête à Auber.

Le musée de la Vie romantique fait partie des collections gratuites que je détaille dans le guide des billets et gratuités des musées. La Nouvelle-Athènes est un décor tout trouvé pour une sortie en amoureux, et les coupoles des grands magasins comptent parmi mes refuges quand il pleut.

Quartier voisin : Montmartre commence en haut du square d’Anvers, le guide du 18e est ici : que faire à Montmartre. Les deux autres guides de la série : le 5e arrondissement et le 13e arrondissement.

Données lieux : Ville de Paris (opendata.paris.fr), licence ODbL.