Quand on dit Marais, tout le monde pense place des Vosges et rue des Rosiers, donc au 4e. Le 3e, c’est l’autre moitié, celle où les Parisiens vont vraiment : le plus vieux marché couvert de la ville, une halle de fer de 1863 reconvertie en salle de sport et de concerts, des musées gratuits sans file d’attente, des jardins de poche glissés entre deux hôtels particuliers. Pour les grandes places et la partie sud, j’ai déjà raconté tout ça dans le guide du Marais. Ici, on reste au nord de la rue des Francs-Bourgeois, et on y reste volontiers.
Six lieux pour prendre le haut Marais du bon côté
Le marché des Enfants-Rouges, doyen des marchés couverts

Fondé en 1615 et nommé d’après l’orphelinat voisin dont les pensionnaires portaient du rouge, c’est le plus ancien marché couvert de Paris. Soyons honnête : j’y déjeune, je n’y fais plus mes courses. Les stands cuisinés, marocain, japonais, italien, ont pris le dessus sur les primeurs, et les tables partent vite entre midi et quatorze heures. Venez tôt, choisissez votre file, et prenez le café en terrasse rue de Bretagne. Fermé le lundi.
Adresse : 39, rue de Bretagne, Paris 3e.
Le square du Temple, le jardin anglais du quartier

Sur l’emplacement de l’ancienne forteresse des Templiers, ce square de 1857 coche tout ce qu’on attend d’un jardin de quartier : plan d’eau avec cascade de rochers rapportés de Fontainebleau, kiosque à musique, pelouses autorisées au premier soleil. Sur la grille, une plaque rappelle sobrement les noms des enfants juifs du quartier déportés, à lire avec le respect qui s’impose. Le samedi, le marché de la rue de Bretagne déborde jusqu’aux grilles.
Adresse : 64, rue de Bretagne, Paris 3e.
Le Carreau du Temple, la halle qui a changé de métier

Cette halle de fer et de verre de 1863 vendait de la fripe en gros ; elle accueille aujourd’hui cours de sport, expositions, défilés et concerts sous une charpente métallique restaurée qui mérite le coup d’œil à elle seule. L’entrée est libre hors événements, et la programmation change vite : jetez un œil à l’affichage sur place. J’aime y passer en hiver, quand la verrière transforme la halle en grande serre lumineuse.
Adresse : 2, rue Perrée, Paris 3e.
Le musée Cognacq-Jay, le 18e siècle en format intime

Le fondateur de la Samaritaine a légué à la Ville sa collection de peintures, pastels et porcelaines du 18e siècle, installée dans l’hôtel Donon, une demeure du 16e. C’est le contrepoint parfait du Carnavalet, en plus petit et en plus feutré : Boucher, Fragonard, Chardin, des boiseries d’époque, rarement plus de trois visiteurs par salle. Collections permanentes gratuites, comme dans les autres musées de la Ville de Paris. Comptez une heure, pas plus.
Adresse : 8, rue Elzévir, Paris 3e.
Le jardin Anne-Frank, le silence à deux pas de Beaubourg

Au bout de l’impasse Berthaud, ce jardin en trois terrasses reste invisible depuis la rue, ce qui le sauve de la foule du Centre Pompidou voisin. On y trouve un marronnier issu d’une greffe de celui qu’Anne Frank apercevait depuis l’Annexe d’Amsterdam, des treilles, un potager pédagogique et des bancs où il ne se passe rien. C’est mon refuge quand le plateau Beaubourg sature. Les grilles ferment tôt hors été, vérifiez l’horaire en entrant.
Adresse : 14, impasse Berthaud, Paris 3e.
La Gaîté lyrique, le théâtre passé au numérique

Derrière la façade Second Empire de l’ancien théâtre d’Offenbach, la Gaîté lyrique programme concerts, expositions et rencontres autour des cultures numériques. Le rez-de-chaussée, avec son café et ses canapés, est un de mes bureaux d’appoint favoris : on peut s’y installer sans billet. La programmation du soir penche vers les musiques électroniques et les scènes qu’on ne voit pas ailleurs. Regardez l’agenda avant de venir, les soirées phares affichent vite complet.
Adresse : 3 bis, rue Papin, Paris 3e.
Et aussi, dans le 3e
- Square Georges-Cain (8, rue Payenne) : le dépôt lapidaire du musée Carnavalet à ciel ouvert, fragments de l’ancien Hôtel de Ville compris.
- Jardin des Archives nationales (60, rue des Francs-Bourgeois) : les cours et jardins entre les hôtels de Soubise et de Rohan, en accès libre.
- La Maison de la Poésie (passage Molière, 157, rue Saint-Martin) : lectures et rencontres dans un passage qui n’a pas changé depuis deux siècles.
- Église Saint-Nicolas-des-Champs (252 bis, rue Saint-Martin) : gothique flamboyant et grand retable, face au musée des Arts et Métiers.
- Jardin de l’Hôtel Salé – Léonor Fini (101 ter, rue des Coutures-Saint-Gervais) : le jardin public au flanc du musée Picasso.
Y aller, et par où continuer
Temple (ligne 3) et Filles du Calvaire (ligne 8) posent au milieu du quartier ; Arts-et-Métiers (lignes 3 et 11) et Rambuteau (ligne 11) prennent le relais côté sud. Depuis République, tout se fait à pied par la rue de Bretagne.
Pour la place des Vosges, la rue des Rosiers et le Carnavalet, c’est dans le guide du Marais que ça se passe : les deux pages se complètent sans se répéter. Le Cognacq-Jay et les jardins figurent aussi en bonne place dans le guide du Paris gratuit, et le Carreau du Temple dans les idées pour les jours de pluie.
Quartiers voisins : le Sentier et ses passages commencent de l’autre côté du boulevard de Sébastopol, dans le guide du 2e arrondissement ; au nord, le canal Saint-Martin arrive vite, voyez le guide du 10e arrondissement.
Questions fréquentes
Quelle différence entre le 3e et le Marais ?
Le Marais historique chevauche les 3e et 4e arrondissements. Le 3e en couvre la moitié nord, dite haut Marais : moins de boutiques de chaînes, plus de galeries, d’ateliers et de vie de quartier autour de la rue de Bretagne.
Que faire gratuitement dans le 3e ?
Le musée Cognacq-Jay et le musée Carnavalet tout proche sont gratuits en collections permanentes, comme le jardin des Archives nationales, le square du Temple et le jardin Anne-Frank. Le Carreau du Temple se visite librement hors événements.
Où déjeuner sur le pouce dans le haut Marais ?
Au marché des Enfants-Rouges, en choisissant son stand selon la file, ou dans une boulangerie de la rue de Bretagne à manger au square du Temple. Le lundi, jour de fermeture du marché, rabattez-vous sur la rue de Turenne.
Données lieux : Ville de Paris (opendata.paris.fr), licence ODbL.