Le 15e est le plus peuplé des arrondissements parisiens et celui qui a le moins de monuments à mettre en vitrine. C’est exactement ce qui me plaît. On y vit, on y fait son marché, on y descend une île artificielle plantée au milieu de la Seine avec une statue de la Liberté au bout. Les anciens abattoirs de Vaugirard sont devenus un parc gardé par deux taureaux de bronze, la halle aux chevaux un marché du livre ancien, l’atelier d’un sculpteur un musée gratuit au pied de la tour Montparnasse. Rien d’obligatoire, tout d’agréable. Le 15e se mérite, puis se garde.
Cinq lieux dans le plus grand arrondissement de Paris
Le parc Georges-Brassens, les abattoirs devenus vigne

Les taureaux de bronze de l’entrée et le beffroi de la criée rappellent que tout ceci fut les abattoirs de Vaugirard. Le parc qui les a remplacés cultive une vigne dont on presse la récolte, des ruches en activité, un jardin de senteurs pensé pour être touché, et un théâtre de guignol. Le week-end, la halle aux chevaux voisine accueille le marché du livre ancien, ma vraie raison de venir jusqu’ici. On chine une édition à dix euros, puis on lit sur l’herbe. Difficile de faire mieux.
Adresse : 2, place Jacques-Marette, Paris 15e.
L'allée des Cygnes, l'île artificielle et sa Liberté

Cette digue plantée de 1827, jetée au milieu de la Seine entre les ponts de Bir-Hakeim et de Grenelle, se descend en vingt minutes sous une voûte d’arbres, l’eau des deux côtés. Au bout, la réplique de la statue de la Liberté offerte en 1889 regarde vers sa grande sœur new-yorkaise. C’est ma balade préférée quand je veux voir la Seine sans les bouquinistes ni les cars. Les jours de vent, on se croirait sur une jetée de bord de mer. Presque personne en semaine.
Adresse : Accès par les ponts de Bir-Hakeim et de Grenelle, Paris 15e.
Le musée Bourdelle, les ateliers sous la tour Montparnasse

À cinq minutes de la gare Montparnasse, les ateliers où Antoine Bourdelle sculpta ses Héraklès et ses centaures sont restés dans leur état, poêle à bois compris, augmentés d’un grand hall pour les plâtres monumentaux et de jardins où les bronzes prennent la pluie. L’élève de Rodin y gagne d’être vu chez lui plutôt qu’en vitrine. Collections permanentes gratuites, affluence confidentielle. C’est à mes yeux le musée le plus injustement ignoré de Paris, et je pèse mes mots.
Adresse : 18, rue Antoine-Bourdelle, Paris 15e.
Le marché Convention, le grand rendez-vous de la rive gauche

Sur le terre-plein de la rue de la Convention, ce marché de plein vent aligne une centaine d’étals qui font le plein de tout le sud du 15e : maraîchers de ceinture verte, poissonniers, rôtisseurs dont les files annoncent le dimanche midi. Les prix restent raisonnables pour la rive gauche, et le tour complet demande du temps. Venez en fin de marché pour les rabais, en début pour le choix. Les jours de tenue varient, vérifiez avant de venir de loin.
Adresse : Rue de la Convention, Paris 15e.
La piscine Keller, nager toit ouvert

À deux rues de la Seine côté Javel, Keller est l’une des rares piscines parisiennes dont le toit s’ouvre entièrement aux beaux jours : on y nage alors en plein air, immeubles autour et ciel au-dessus, une sensation que peu de bassins urbains offrent. L’affluence suit la météo, évidemment. Les créneaux publics cohabitent avec clubs et scolaires, consultez le planning du jour avant de venir. L’été, arrivez à l’ouverture ; l’expérience du crawl sous le soleil se gagne tôt.
Adresse : 14, rue de l’Ingénieur-Robert-Keller, Paris 15e.
Et aussi, dans le 15e
- Marché du livre ancien et d’occasion (104, rue Brancion) : le week-end sous la halle aux chevaux du parc Brassens, éditions rares et poches à petit prix.
- Parc omnisport Suzanne-Lenglen (2, rue Louis-Armand) : l’immense plateau sportif du sud de l’arrondissement, pelouses comprises.
- Square Violet (4, place Violet) : le jardin de quartier de Grenelle, kiosque et grands platanes.
- Théâtre Silvia-Monfort (106, rue Brancion) : la pyramide de béton et sa programmation cirque et théâtre, en lisière du parc Brassens.
- Église Saint-Jean-Baptiste de Grenelle (23, place Étienne-Pernet) : le clocher qui veille sur les commerces de la rue du Commerce.
Y aller, et par où continuer
La Motte-Picquet-Grenelle (lignes 6, 8 et 10) est le grand carrefour ; Convention et Vaugirard (ligne 12) desservent le sud, Charles-Michels et Javel (ligne 10, RER C) le bord de Seine, Bir-Hakeim (ligne 6) l’allée des Cygnes.
La statue de la Liberté version Seine a sa place dans le guide du Paris insolite ; le musée Bourdelle dans la page des musées parisiens et le Paris gratuit ; et l’île au coucher du soleil dans les idées en amoureux.
Quartiers voisins : le Champ de Mars commence au pont de Bir-Hakeim, dans le guide du 7e arrondissement ; Montparnasse bascule côté 14e arrondissement ; et Saint-Germain n’est qu’à quelques stations, voyez le guide du 6e arrondissement.
Questions fréquentes
Où voir la statue de la Liberté à Paris ?
Au bout aval de l’allée des Cygnes, accessible depuis les ponts de Grenelle et de Bir-Hakeim. C’est une réplique au quart offerte par la communauté américaine de Paris en 1889, tournée vers New York. La balade sur la digue fait partie du plaisir.
Que faire gratuitement dans le 15e ?
Le musée Bourdelle, l’allée des Cygnes, le parc Georges-Brassens et son marché du livre le week-end, les berges de Javel. L’arrondissement se prête particulièrement bien aux journées à zéro euro.
Le 15e vaut-il le détour pour un touriste ?
Pas pour une première fois à Paris, sans regret. Pour un séjour suivant, oui : l’île aux Cygnes, Bourdelle et Brassens composent une journée sans file d’attente, dans un Paris qui vit normalement. C’est reposant, au sens propre.
Données lieux : Ville de Paris (opendata.paris.fr), licence ODbL.