Que faire au Champ-de-Mars et à Gros-Caillou (7e) : égouts, berges, jardins cachés

La plupart des visiteurs viennent dans le 7e pour une seule silhouette de fer, et repartent sans avoir rien vu d’autre. Dommage : à dix minutes de la tour, l’arrondissement cache un potager-verger derrière un mur de la rue de Babylone, un musée installé dans de vrais égouts en service, un marché avec vue sur la dame de fer entre les étals. Mon conseil de transport tient en un chiffre : le bus 69, qui enfile la rue Saint-Dominique et les Invalides pour le prix d’un ticket. On monte à l’avant, on regarde, on descend où ça plaît.

Cinq lieux à voir une fois la tour photographiée

Le Champ de Mars, tôt le matin ou pas du tout

Pelouses du Champ de Mars avec la tour Eiffel en arrière-plan
© Frédéric Combeau/ Ville de Paris

Oui, tout le monde connaît. Mais le Champ de Mars change du tout au tout selon l’heure : avant neuf heures, il appartient aux coureurs, aux cours de yoga et aux habitants qui promènent leur chien sous la tour, et c’est le moment que je défends. Le samedi après-midi, passez votre chemin. Les pelouses côté École militaire restent les plus tranquilles, et les allées latérales sous les platanes offrent les meilleurs bancs pour un déjeuner face au monument.

Adresse : 2, allée Adrienne-Lecouvreur, Paris 7e.

Le musée des Égouts, la ville sous la ville

Galerie souterraine visitable du musée des Égouts de Paris
© Ville de Paris

On descend sous le quai d’Orsay dans de vraies galeries d’égouts en service, sur les traces de Belgrand, l’ingénieur qui a donné son réseau au Paris d’Haussmann. Le parcours raconte l’eau de la ville, des bateaux-vannes aux énormes boules de curage, dans un décor qui ne triche pas : oui, ça sent, raisonnablement, et c’est bien pour ça qu’on y croit. Comptez une heure. Une visite qui marque plus les enfants que bien des musées classiques.

Adresse : Pont de l’Alma, face au 93, quai d’Orsay, Paris 7e.

Le jardin Catherine-Labouré, le potager derrière le mur

Pelouses et treille du jardin Catherine-Labouré, rue de Babylone
© Frédéric Combeau/ Ville de Paris

Un long mur aveugle rue de Babylone, une porte discrète, et derrière : l’ancien potager des sœurs de Saint-Vincent-de-Paul devenu jardin public, avec treille de vigne en pergola, carrés de légumes, verger et pelouses où l’on s’allonge sans se faire rappeler à l’ordre. Beaucoup de poussettes du quartier, très peu de touristes, le Bon Marché à trois minutes pour compléter la sortie. C’est mon jardin préféré de la rive gauche en semaine, à l’heure du déjeuner.

Adresse : 29, rue de Babylone, Paris 7e.

Les berges de Seine, l'archipel entre Alma et Invalides

Jardins flottants de l'Archipel des berges de Seine, quai d'Orsay
© Sonia Yassa/Ville de Paris

Entre le pont de l’Alma et les Invalides, la voie sur berge rendue aux piétons aligne jardins flottants amarrés au quai, transats, murs d’escalade pour enfants et cabanes à jeux. L’archipel de Niki de Saint Phalle, cinq îles plantées reliées par des passerelles, permet de flotter sur la Seine sans embarquer. J’y descends volontiers en fin de journée, quand les façades du Grand Palais prennent la lumière d’en face. Les guinguettes saisonnières se chargent du reste.

Adresse : Quai d’Orsay, port du Gros-Caillou, Paris 7e.

Sainte-Clotilde, les flèches jumelles de César Franck

Flèches néogothiques de la basilique Sainte-Clotilde, Paris 7e
© Jean-Baptiste Gurliat / Ville de Paris

Première grande église néogothique de Paris, Sainte-Clotilde dresse ses deux flèches au-dessus d’un square où le quartier des ministères vient déjeuner. César Franck tint son orgue pendant plus de trente ans, et la tradition musicale ne s’est jamais interrompue : les auditions y valent le détour pour qui aime l’instrument. L’intérieur, clair et élancé, se visite librement. Le square Samuel-Rousseau, juste devant, est un des recoins les plus paisibles de l’arrondissement.

Adresse : 23 bis, rue Las-Cases, Paris 7e.

Et aussi, dans le 7e

  • Marché Saxe-Breteuil (avenue de Saxe) : les étals avec vue directe sur la tour Eiffel, l’un des marchés les plus photogéniques de Paris.
  • Square Boucicaut (1, rue de Babylone) : face au Bon Marché, ses grands arbres et son manège à l’ancienne.
  • Esplanade des Invalides (1, rue Fabert) : les grandes pelouses entre le dôme et la Seine, terrain de pique-nique et de frisbee du quartier.
  • Square des Missions-Étrangères (105, rue du Bac) : un banc face à la statue de Chateaubriand, qui vécut la porte à côté.
  • Promenade de l’avenue de Breteuil (avenue de Breteuil) : les pelouses centrales dans la perspective du dôme des Invalides.

Y aller, et par où continuer

École Militaire (ligne 8) et La Tour-Maubourg (ligne 8) pour le Gros-Caillou, Varenne ou Saint-François-Xavier (ligne 13) pour les Invalides ; le RER C dessert Pont de l’Alma et Invalides. Et le bus 69, donc.

Les égouts figurent en bonne place dans le guide du Paris insolite ; le Champ de Mars et les berges se retrouvent dans les sorties en famille ; et le coucher de soleil depuis l’archipel flottant dans les idées en amoureux.

Quartiers voisins : de l’autre côté de la rue de Sèvres commence Saint-Germain, dans le guide du 6e arrondissement ; et le pont Alexandre-III mène droit au Petit Palais, couvert par le guide du 8e arrondissement.

Questions fréquentes

Que faire gratuitement dans le 7e ?

Le Champ de Mars, les berges de Seine et leurs jardins flottants, le jardin Catherine-Labouré, l’esplanade des Invalides et Sainte-Clotilde. La tour Eiffel se regarde gratuitement de partout, c’est même son meilleur usage.

Faut-il réserver pour le musée des Égouts ?

Ce n’est pas toujours obligatoire, mais le billet en ligne évite l’attente aux heures pleines et certains créneaux partent vite pendant les vacances scolaires. Vérifiez horaires et jours de fermeture avant de venir, ils changent selon la saison.

Où voir la tour Eiffel sans la foule ?

Depuis l’avenue de Saxe les jours de marché, depuis les pelouses de l’École militaire tôt le matin, ou depuis les berges au niveau du port du Gros-Caillou. Les trois évitent le gros des attroupements du Trocadéro.

Données lieux : Ville de Paris (opendata.paris.fr), licence ODbL.