Charonne est mon village préféré de Paris, et je pèse le mot village : une église en partie romane sur son parvis pavé, son cimetière paroissial resté accroché à elle, un cas presque unique dans la capitale, et des ruelles qui descendent vers la rue Saint-Blaise comme vers une grand-place. Le reste du 20e est à l’avenant : la Petite Ceinture s’y promène en contrebas des immeubles, une folie du 18e siècle expose gratuitement rue de Ménilmontant, une piscine olympique de 1924 attend les nageurs. Et il y a le Père-Lachaise, le cimetière le plus visité au monde, qui occupe à lui seul une large part de l’arrondissement. Belleville et Ménilmontant côté nord ont leur guide dédié.
Cinq lieux entre Père-Lachaise et Saint-Blaise
Le Père-Lachaise, la colline aux 70 000 tombes

Le cimetière de l’Est, son nom officiel, se visite comme un parc de sculptures à flanc de colline : chapelle de 1823 au sommet de l’allée principale, tombes de Wilde, Piaf, Chopin et Morrison, chats en maraude et 4 000 arbres. Prenez un plan aux entrées ou téléchargez-le, les allées pavées se ressemblent vite. La montée par l’avenue circulaire jusqu’au mur des Fédérés traverse l’histoire de France entière. Entrée libre tous les jours, tenue et ton à la mesure du lieu.
Adresse : Entrée principale : boulevard de Ménilmontant, Paris 20e.
Saint-Germain de Charonne, l'église de village et son cimetière

Au sommet de la rue de Bagnolet, l’église de l’ancien village de Charonne a gardé son clocher du 13e siècle et, chose devenue rarissime à Paris, son petit cimetière paroissial attenant, où reposent quelques centaines de Charonnais sous les arbres. Le parvis pavé, la volée d’escaliers et les façades basses alentour composent un décor de bourg que le cinéma a souvent emprunté. Descendez ensuite la rue Saint-Blaise, ancienne grand-rue du village. L’illusion de province tient jusqu’au bout.
Adresse : 4, place Saint-Blaise, Paris 20e.
La Petite Ceinture du 20e, la voie ferrée rendue aux promeneurs

Entre le cours de Vincennes et la rue de la Py, un tronçon de l’ancienne ligne de Petite Ceinture s’ouvre aux marcheurs : ballast, rails conservés par endroits, talus laissés en friche contrôlée où lézards et fauvettes ont repris leurs droits, tags qui changent au fil des mois. On y marche en contrebas de la ville, dans une coulée sauvage qui ne ressemble à aucun parc réglementaire. Les accès ferment au crépuscule. Un aperçu de ce que Paris devient quand on ne le tond pas.
Adresse : Accès principal : 103, cours de Vincennes, Paris 20e.
Le Carré de Baudouin, la folie aux expositions gratuites

Cette maison de campagne du 18e siècle, dernière folie de Ménilmontant, appartient à la Ville qui y programme des expositions de photographie et d’art contemporain en entrée libre, souvent d’un niveau qui surprend pour une structure de quartier. Le portique à colonnes ouvre sur un jardin avec pelouse et transats l’été. C’est l’étape culturelle idéale entre Gambetta et les hauteurs de Ménilmontant, et l’une des meilleures raisons de remonter la rue du même nom. On entre sans réfléchir, on ressort content.
Adresse : 121, rue de Ménilmontant, Paris 20e.
La piscine Georges-Vallerey, l'héritage des Jeux de 1924

Construite pour les Jeux olympiques de Paris 1924, ceux des Chariots de feu, la piscine des Tourelles, rebaptisée du nom du nageur résistant Georges Vallerey, reste un équipement rare : bassin de 50 mètres, gradins d’époque, toit mobile qui découvre l’eau l’été. Johnny Weissmuller, futur Tarzan, y décrocha ses titres olympiques. Nager dans une piscine centenaire qui a vu ça ajoute un petit quelque chose aux longueurs. Créneaux publics à vérifier, l’équipement partage son eau avec les clubs.
Adresse : 148, avenue Gambetta, Paris 20e.
Et aussi, dans le 20e
- Les Plateaux Sauvages (5, rue des Plâtrières) : la fabrique culturelle de Ménilmontant, théâtre et ateliers ouverts au quartier.
- Le Cirque Électrique (place du Maquis-du-Vercors) : le chapiteau permanent de la porte des Lilas, cirque contemporain et concerts.
- Square Édouard-Vaillant (50, avenue Gambetta) : le jardin haussmannien derrière la mairie du 20e.
- Jardin Samuel-de-Champlain (18, avenue Gambetta) : la terrasse plantée qui longe le mur du Père-Lachaise.
- Square Séverine (7, rue Le Vau) : le grand square familial de la porte de Bagnolet, aux portes de la Campagne à Paris.
Y aller, et par où continuer
Gambetta (lignes 3 et 3 bis) est la porte d’entrée de presque tout ; Alexandre-Dumas et Avron (ligne 2) desservent le bas, Porte de Bagnolet (ligne 3) la Campagne à Paris, Maraîchers (ligne 9) Saint-Blaise ; le tramway T3b ferme la boucle.
Le Père-Lachaise et la Campagne à Paris comptent parmi les grands classiques du guide du Paris insolite ; tout l’arrondissement ou presque s’explore via le guide du Paris gratuit ; et la rue Saint-Blaise au petit matin vaut sa place dans le guide du dimanche.
Quartiers voisins : Belleville et Ménilmontant côté nord sont dans le guide de Belleville, et la vie nocturne d’Oberkampf dans le guide du 11e ; au sud, le cours de Vincennes bascule dans le 12e arrondissement ; et les Buttes-Chaumont ne sont qu’à deux stations, voyez le guide du 19e arrondissement.
Questions fréquentes
Le Père-Lachaise est-il gratuit ?
Oui, le cimetière est ouvert tous les jours et l’entrée est libre, comme dans tous les cimetières parisiens. Seules les visites guidées thématiques, proposées par la Ville ou des guides indépendants, sont payantes. Un plan s’impose pour trouver les tombes célèbres.
Où trouver la Campagne à Paris ?
Sur les hauteurs de la porte de Bagnolet, autour des rues Irénée-Blanc et Jules-Siegfried : un lotissement des années 1920 de maisons à jardinets, glycines comprises, perché au-dessus du boulevard périphérique. On y monte par des escaliers depuis la place Octave-Chanute.
Que faire gratuitement dans le 20e ?
Le Père-Lachaise, le village de Charonne et la rue Saint-Blaise, la Petite Ceinture, les expositions du Carré de Baudouin et la Campagne à Paris. Le 20e est sans doute l’arrondissement où la gratuité a le plus de caractère.
Données lieux : Ville de Paris (opendata.paris.fr), licence ODbL.